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Jean de Lavoye (1660-1717), fils de René de Lavoye et d'Anne Godin

BK 1775

JEAN DE LAVOYE (1660-1717?)
Deuxième génération

Jean de Lavoye est le second fils de René et d'Anne Gaudin, il est né vers 1660 à Sainte-Anne de Beaupré, il passe son enfance et sa jeunesse sur la côte de Beaupré, aidant son père à la culture de la terre.  Lorsque sa mère décède, il est âgé de 18 ans. Nous le retrouvons en 1681 domestique chez François Bélanger au fief Bonsecours de L'Islet

À Rivière-Ouelle :

En 1684, il répond à l'appel lancé par le seigneur Jean-Baptiste Deschamps qui est à la recherche de nouveaux colons pour continuer le défrichement de sa seigneurie située à la Rivière-Ouelle. Jean de Lavoye obtint du seigneur, une concession.  Jean de Lavoye s'entendit donc de gré à gré avec le seigneur pour prendre une terre afin de bâtir une petite maison et se mettre à défricher le sol. Le 26 juillet 1685, nous le retrouvons dans sa famille sur la Côte de Beaupré, ayant décidé de s'établir définitivement à Rivière-Ouelle, il vend  à son beau-frère Pierre Allard pour 50 livres tous ses droits de propriété sur la succession de sa mère et de son père.

Le 16 juin 1686, le seigneur de la Rivière-Ouelle lui concède enfin une terre de 5 arpents de front sur environ douze de profondeur au premier rang de la seigneurie de la Bouteillerie, il devra payer cinquante sols tournois et deux chapons et demi de rente et cinq sols de cens.   C'est à cet endroit qu'il épouse le 22 octobre 1688 Madeleine Boucher.  Treize enfants vont naître de ce mariage.

Quel endroit Jean de Lavoye choisit-il pour ériger sa modeste habitation?  Il est naturel qu'il se soit logé vers le milieu de son lot, le long du chemin du Roi qui traversait autrefois sa terre sur le premier petit coteau, il est à noter que le voisin du côté nord-est, le nommé Miville Deschênes se logea sur le même chemin et le même coteau tout près de la ligne qui séparait les deux terres. Les restes encore visibles sur ce coteau d'un solage et d'une cheminée isolée, mentionné dans les vieux titres, semblent indiquer le site de la maison de Jean de Lavoye et serait celle dans laquelle fut dressé le partage de sa terre.

La pêche aux marsouins:

Nous savons que nos ancêtres eurent toujours à ce préoccuper de leur survie. Ils ne pouvaient compter que sur leur propre travail pour nourrir, vêtir et loger leurs familles ; le travail de la terre ne rapportait pas assez, ils devaient pour survivre chasser et pêcher, mais pour Jean de Lavoye la pêche devint rapidement une source de revenu. En effet Jean s'associe avec 5 autres habitants de la Rivière-Ouelle pour former une compagnie de pêche aux marsouins qui étaient très nombreux dans le fleuve à cette époque.  L'intendant Raudot leur accorda la permission de pratiquer cette pêche par une ordonnance le 13 juillet 1707.

Ce genre de pêche profita largement à Jean de Lavoye et ses associés car les marsouins étaient très nombreux à cette époque, la société existait toujours en 1920, mais fut dissoute quelques années plus tard, à cause de la baisse de la demande de l'huile et les marsouins étant moins  nombreux.

Héros de la Rivière-Ouelle :

L'échec de Phipps à Québec, en 1690 et les fières paroles de Frontenac en cette occasion "c'est par la bouche de mes canons que je répondrai à votre maître " cet épisode a frappé notre jeune imagination à l'école et nous ne l'avons pas oublié. Mais il y a un préliminaire à cet événement qui vaut la peine d'être raconté ici car Jean de Lavoye en fut avec d'autres le héros.

Le curé de Rivière-Ouelle, ayant appris qu'une flotte considérable de vaisseaux américains remontaient le fleuve sous les ordres du général Phipps dans le but de s'emparer de la colonie. Il demanda à ses paroissiens de s'opposer de toutes leurs forces au débarquement que les Américains pouvaient tenter de faire à Rivière-Ouelle.

Le Sieur de la Bouteillerie étant à Québec, le curé Francheville prit alors le commandement des colons. Bientôt la flotte vint jeter l'ancre en face de la pointe, on vit plusieurs chaloupes se détacher des vaisseaux et faire route vers le rivage.  Les habitants s'étaient embusqués à l'abri des crans du rivage.  Ils attendirent en silence l'arrivée des chaloupes, comme la marée était haute les soldats ont accosté au bord des crans, à faible portée de fusils.  L'ordre de sauter à terre est donné et le débarquement commence sans que les hommes aient soupçon de l'embuscade des canadiens.  Dans ce moment de confusion qui accompagne toujours plus ou moins un débarquement pendant que les soldats prennent leurs armes un cri " FEU " retentit à l'entrée du bois. Au même instant, plusieurs détonations éclatèrent et une grêle de balles vint fondre sur les malheureux américains.  La panique fut générale, ceux qui n'avaient pas été atteints par les balles regagnèrent leurs chaloupes et les vaisseaux, sans entendre la voix des officiers qui essayaient de les ramener au combat.  Cette défaite était le prélude du désastre qui attendait Phipps devant Québec.  Pierre Hudon dit Beaulieu  fait aussi partie de ses braves

Le décès de Jean de Lavoye et de Madeleine Boucher:

Après une vie remplie de joies et de peines, de travail dur et laborieux Jean De La Voye meurt  avant 1718.  Nous n'avons pas retracé son acte de décès car il manque des registres de la paroisse de Rivière-Ouelle pour la période de 1715 à 1718, mais j'ai retrouvé un contrat de notaire pour la location d'une terre fait au nom de Madeleine Boucher veuve de Jean De La Voye en date du 13 décembre 1717 ce qui prouve qu'à cette date notre ancêtre n'est plus.  Il laisse derrière lui sa femme Madeleine et huit enfants vivants sur les treize qu'ils ont eu, tous nés et baptisés à Rivière-Ouelle.  Veuve à 48 ans Madeleine Boucher va poursuivre l'ouvre de son mari.  Madeleine décède le 3 mars 1723 à l'hôpital Hôtel-Dieu de Québec a l'âge de 53 ans.

Les enfants de Jean de Lavoye et Madeleine Boucher :

Pierre est né le 16 mars 1689 et baptisé le lendemain. Sa sépulture eut lieu à Rivière-Ouelle le 4 février 1712.  Il est mort sans avoir été marié.

Marie-Madeleine est née le 18 décembre 1691 et baptisée le même jour, elle épouse Jean-François Pelletier le 21avril 1710. Après le mariage ils s'établirent à Ste-Anne de La Pocatière, ils auront au moins un fils.  Madeleine est enterrée dans le cimetière de Ste-Anne de La Pocatière le 23 novembre 1721.

Marguerite est née et baptisée le 22 octobre 1693, elle a une fille née hors mariage, le 14 janvier 1718 elle épouse Louis Philip Langlais à Rivière-Ouelle.  Trois de leurs enfants se sont mariés à Rivière-Ouelle.

Alexis est né et baptisé le 18 décembre 1695 il est le jumeau de Marie-Anne, il se marie une première fois avec Françoise Bouchard Duterte le 7 janvier 1715 avec qui il eut une fille, puis en seconde noce avec Marie-Françoise Mignier dit Lagacé le 8 février 1728 et en troisième noce avec Marie-Anne Lebel le 8 juillet 1735 avec qui il eut une fille. C'est lui qui hérite de la maison paternelle et qui s'occupera des plus jeunes de ses frères  et sours.

Marie-Anne née et baptisée le 18 décembre 1695 est décédée onze jours plus tard.

Marie-Anne est née le 17 août 1698 et baptisée le lendemain elle est morte dix jours plus tard le 27 août 1698.

Jean-François est né et baptisé le 5 septembre 1699, il est décédé à l'âge de 22 ans le 15 mai 1722 sans avoir été marié. 

Joseph est né et baptisé le 2 février 1701, il épouse Geneviève Deschênes le 18 mai 1723, il est notre ancêtre nous allons donc revenir à lui un peu plus tard.

Charles est né le 17 février 1704 et enterré le 24 avril 1707, il est le jumeau de Augustin.

Augustin est né le 17 février 1704, il épouse en première noce Angélique Mignier le 7 janvier 1728 qui lui donne un enfant, puis en seconde noce Marguerite Michaud le 28 janvier 1729 qui lui donne onze enfants. Il est le jumeau de Charles.  Augustin est enterré le 16 octobre 1770 à Kamouraska.

Claude est né le 3 mars 1706, il décède à l'âge de dix-sept ans le 17 avril 1723.

Antoine né le 2 octobre 1708, il épouse Marie-Françoise Pelletier le 27 août 1731 à Kamouraska.  Ils eurent 17 enfants.

Marie-Françoise est née le 2 octobre 1710, elle épouse Jean Le Moyen le 4 mai 1741.  Elle est alors âgée de trente ans et elle aura un fils de cette union.


Source:  -  Association des familles Lavoie

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Dernière modification : 20 November 2009